Infection, incontinence… Quels rôles pour le microbiote urinaire ?

Notre corps abrite, on s’en doutera, nombre de cellules – et nombre de types de cellules (sanguines, nerveuses, etc.). Il a ainsi été estimé qu’un être humain dit « de référence » (20 à 30 ans, pour 70 kg et 1,70 m) en comptait, environ, quelques 3.1013, soit 30 mille milliards de cellules.

Ce que l’on sait moins, c’est que nous sommes aussi une terre d’accueil de premier choix pour les microbes, bactéries en tête ! Elles seraient près de 3,9.1013, soit plus que nos propres cellules.

L’importance de cette population microscopique peut donner le tournis… Ces chiffres élevés laissent surtout présager d’un rôle important pour les cohortes de bactéries, champignons et autres virus qui nous colonisent.

Plusieurs parties ou organes de notre corps sont ainsi occupés par un « microbiote » – comme l’intestin, dont le microbiote associé a fait l’objet d’études approfondies. Mais si la composition et les rôles dans la santé et la maladie de ce dernier commencent à être mieux connus, d’autres microbiotes passent encore largement sous les radars. Par exemple au niveau de notre peau, du sperme pour ces messieurs…



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Le microbiote urinaire fait lui aussi partie de ces illustres quasi-inconnus. Une erreur tant ses implications pour la santé sont nombreuses, comme l’ont découvert des chercheurs de l’université de Grenade, d’Almeria et de l’hôpital universitaire Virgen de las Nieves.

Le microbiote urinaire : un grand inconnu

Pendant longtemps, on a cru que l’urine des personnes en bonne santé était stérile ; que les bactéries qui pourraient s’y trouver pouvaient être à l’origine d’infections locales. Cette idée était confortée par l’utilisation de techniques de culture bactérienne qui ne permettaient la croissance que d’un nombre très limité de micro-organismes.

C’est une erreur : l’urine n’est pas stérile.

La génomique, le développement du Human Microbiome Project ou des nouveaux outils de séquençage génétique de masse ont changé la donne : ils ont prouvé qu’il existait une large communauté microbienne également dans les voies urinaires d’individus sains.

De premiers grands constats peuvent être dégagés :

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Auteur: Virginia Pérez Carrasco, Investigador predoctoral FPU, Universidad de Granada

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