Face à la flambée des prix du carburant — le diésel frôlait les 2,40 euros le 5 octobre — certaines professions sont plus affectées que d’autres. Soignantes en milieu rural, paysans, artisans… Ils et elles ne peuvent pas se passer de leur véhicule pour travailler. Comment font-ils face ? Reporterre a rencontré trois « gros rouleurs » à travers la France.
« On ne prend pas de chantier à plus de 40 km, ça n’a pas de sens »
Comme charpentier, Julien Vandevelde sillonne le bassin grenoblois pour construire ou rénover des maisons. « Pour transporter le matériel, on ne peut pas faire sans véhicule », indique-t-il. S’il se dit « totalement impacté » par la flambée des prix à la pompe, il avait déjà fait le choix — judicieux — de « faire de l’archilocal » : « On ne prend pas de chantier à plus de 40 km de Grenoble, ça n’a pas de sens, explique-t-il. On fait de l’écoconstruction, donc depuis le début, on essaie de réduire notre impact. » Il roule malgré tout près de 250 km chaque semaine, dont des trajets en montagne, « ce qui fait vite grimper la consommation ! »
Il craint surtout les pénuries, car côté prix, il peut en partie répercuter la hausse auprès de ses clients. « Depuis notre création en 2017, on a eu le Covid, l’augmentation du prix du bois, la hausse des carburants… On s’est déjà tapé plusieurs crises en dix ans, et jusqu’ici, on s’en est sorti. » Mais si les prix ne redescendent pas, « il faudra privilégier des chantiers encore moins loin ». « Le prix de l’essence va pousser les gens à se recentrer, se relocaliser, estime Julien Vandevelde. D’un point de vue de l’écologie, de l’écoconstruction, ça a du sens. Le problème, c’est que ça laisse certains sur le carreau. »
« Je ne peux pas dire à mes patients patients “je ne passe pas aujourd’hui” »
Officiant en libéral à Merville, dans le Nord, Malika Fruleux…
Auteur: Lorène Lavocat
