Info Politis : à Mulhouse, une jeune de 17 ans perd la vision d’un œil après un tir de grenade lacrymogène, l’IGPN saisie

Cindy ne pensait pas recevoir, ce samedi 17 octobre, cet appel d’une copine de sa fille. « Elle m’a dit qu’elle s’était pris un tir dans l’œil et qu’elle était par terre avec plein de sang », relate-t-elle. Hier, sa fille, Maïssa, 17 ans, allait manger avec des copines dans un kebab du centre-ville de Mulhouse (Haut-Rhin), vers Porte jeune. En sortant, vers 16 h 30, alors qu’elles veulent récupérer des vélos, elles tombent sur la manifestation.

« C’était calme, il se passait rien, juste de la musique. Les gens étaient heureux, ils faisaient rien de mal », raconte Maëlys* , une de ses amies, toujours sous le choc le lendemain des faits. « On était tous au même endroit. Et j’ai vu la police qui, d’un coup, a lancé du gaz. Les gens se rapprochaient de nous, ça faisait encore plus un troupeau. On voulait traverser mais on pouvait pas. La police a encore jeté tout plein de gaz et l’un est tombé sur l’œil de ma copine », poursuit la jeune fille, la voix nouée.

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Les prénoms suivis d’une astérisque ont été changés.

Contacté, un autre témoin direct de la scène raconte à Politis : « Les flics étaient à 50 ou 80 mètres. Je les ai vus tirer à tirs tendu, alors qu’ils n’ont pas le droit, ils sont censés tirer en l’air. J’ai vu la cartouche grise taper dans l’œil de la gamine et quand ça a touché le sol, la lacrymo est sortie. » Une autre amie, elle aussi présente, confirme : « Ce qu’elle a reçu, c’est les trucs de lacrymogène. Il y en avait partout par terre en ville. »

J’ai vu la cartouche grise taper dans l’œil de la gamine et quand ça a touché le sol, la lacrymo est sortie.

Témoin

Perte de la vision

Maëlys décrit une « scène horrible » et répète qu’elle ne comprend pas « pourquoi la police a été aussi violente ». Au moment des faits, elle n’a pas saisi immédiatement l’ampleur de la blessure. Puis elle a vu son « œil en sang ». Elle se souvient avoir…

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Auteur: Céline Martelet