La plateforme X (anciennement Twitter) a-t-elle volontairement biaisé son algorithme, au point d’altérer le débat démocratique en France ? La section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris a ouvert le 9 juillet une enquête visant le réseau social d’Elon Musk et ses dirigeants, suspectés d’avoir biaisé l’algorithme de la plateforme à des fins d’ingérence étrangère, a annoncé vendredi 11 juillet la procureure de Paris.
Une enquête a été confiée à la gendarmerie nationale contre le réseau X, en tant que personne morale, et contre les « personnes physiques » qui la dirigent, indique Laure Beccuau dans un communiqué, sans citer le nom de son propriétaire, Elon Musk, multimilliardaire et également patron de Tesla.
Cela intervient après deux signalements reçus le 12 janvier, qui « faisaient état de l’utilisation supposée de l’algorithme de X (ex-Twitter) à des fins d’ingérence étrangère », détaille le ministère public.
Le premier provenait du député macroniste des Côtes-d’Armor spécialiste de ces questions, Éric Bothorel. Il alertait le parquet sur « les récents changements d’algorithme de X, ainsi que les ingérences apparentes dans sa gestion depuis son acquisition par Elon Musk » en 2022.
Il soulignait une « réduction de la diversité des voix et des options », une plateforme qui s’éloigne d’un objectif de « garantir un environnement sûr et respectueux à tous », un « manque de clarté quant aux critères qui ont conduit aux changements d’algorithmes et aux décisions de modération », ainsi que des « interventions personnelles d’Elon Musk dans la gestion de sa plateforme », soit « un véritable danger et une menace pour nos démocraties ».
« Modification majeure de l’algorithme »
Selon les informations du Canard enchaîné de février, le second signalement provenait d’un directeur de cybersécurité dans la…
Auteur: La Croix (avec AFP)

