Les commissions des Lois et de la Culture se sont réunies le 5 novembre au Sénat pour dresser un état des lieux du risque de manipulation numérique qui pèse sur les scrutins en France. « L’utilisation massive » de nouveaux usages sur les plateformes sociales permet « le renouvellement profond des moyens de campagne », avance le sénateur centriste Laurent Lafon, avec son lot de « dérives à craindre ». La manipulation des algorithmes et le recours intensif à l’IA contribuent à une promotion de certains contenus dans des volumes bien plus supérieurs qu’à l’accoutumée. Cette technique de déstabilisation du processus électoral est renforcée par des modalités d’ingérences plus récentes : l’utilisation de comptes inauthentiques, le recours à des influenceurs et l’usurpation de l’identité de certains médias, partis ou personnalités politiques, énumère la sénatrice LR Muriel Jourda. Des atteintes aux « valeurs démocratiques essentielles », déplore le président de la commission de la Culture, entre autres : le pluralisme et la sincérité des élections, alors que le cadre juridique est « pléthorique » en la matière.
« Une menace permanente, omniprésente et croissante »
« La menace informationnelle constitue désormais une menace permanente, omniprésente et croissante », avertit Anne-Sophie Dhiver, cheffe de service adjointe du service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères…
Auteur: Aglaée Marchand

