Chacun sa comparaison. Pour décrire le boulevard de la République sous les eaux, lundi matin, une dame dit « apocalypse », un agent municipal préfère « fleuve ». 40 mm de pluie y sont tombés en une demi-heure. L’eau est montée, les voitures ont flotté, les caves ont été inondées. Dans cette artère commerçante de Cannes, la boulangerie, le coiffeur, le Picard et la pharmacie avaient tous les pieds dans l’eau lundi.
« République, c’est la convergence, c’est le point le plus bas, décrit Thierry Migoule, directeur de cabinet du maire de Cannes. On est en aval du bassin grassois, du Cannet, de Mougins. L’eau continue de couler de haut en bas. S’il pleut autant dans tous les centres-villes, il y aura le même phénomène. » Les images de cette fin septembre rappellent les inondations mortelles de 2015, qui avaient déjà frappé la bande littorale des Alpes-Maritimes. De quoi questionner la capacité des villes de la Côte d’Azur à encaisser ces fortes pluies, qui risquent de se répéter.
Vigilance jaune dans la vallée bétonnée
Les eaux sont à peine redescendues que les polémiques montent. D’abord, avec le maire de Cannes, le LR David Lisnard, qui a critiqué Météo-France pour avoir déclenché une vigilance jaune, alors qu’il faut un niveau orange pour que l’alerte soit diffusée directement aux collectivités.
Puis, c’est le contre-feu : des experts accusent plutôt l’urbanisation galopante de la région. L’eau n’arrive pas à se frayer un chemin sur cette Côte d’Azur vallonnée et bétonnée. « L’exposition augmente car la surface de zone habitable en zone inondable augmente, affirme le climatologue Christophe Cassou sur X (ex-Twitter). La vulnérabilité augmente avec cette artificialisation et des politiques d’aménagement qui accélèrent la concentration des eaux pendant les pluies intenses provoquant des inondations pluviales. »
Des décennies d’urbanisation
La Côte d’Azur est…
La suite est à lire sur: reporterre.net
Auteur: Mathilde Frénois

