La décrue s’annonce lente, très lente. Après les crues exceptionnelles sur la façade ouest du pays pendant plus d’une semaine, le niveau de l’eau a enfin commencé à baisser par endroits. Mais ce reflux ne signifie pas la fin de l’alerte : la Loire-Atlantique, le Maine-et-Loire et la Charente-Maritime restent en vigilance rouge crues ce mardi 24 février.
Surtout, les digues, soumises durant plusieurs jours à une pression continue, concentrent les inquiétudes. Plusieurs ont déjà cédé le long de la Garonne, tandis que d’autres, fragilisées, pourraient rompre. Rien que dans le Lot-et-Garonne, une douzaine de ces ouvrages ont été endommagés ces derniers jours, selon le décompte du journal Sud-Ouest.
Au-delà des causes techniques, cette situation ravive le débat sur l’entretien des digues, leur financement et le désengagement progressif de l’État au profit des collectivités, explique Perrine Broust, directrice de France Digues, une association de professionnels du secteur.
Reporterre — Sait-on déjà combien de digues ont rompu et pourquoi ?
Perrine Broust — Pour l’heure, nous n’avons pas de vision globale, nous aurons un bilan plus précis une fois que la décrue sera bien amorcée. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’il existe différents types de rupture.
Dans de nombreux cas, une digue cède parce que le niveau d’eau dépasse celui pour lequel elle a été conçue (niveau de protection) : l’eau passe alors au-dessus de l’ouvrage ou l’endommage par érosion. Une digue n’est jamais dimensionnée pour résister à toutes les crues possibles, mais seulement pour un niveau défini. L’ouvrage peut donc céder, cela ne signifie pas un défaut d’entretien ou une mauvaise gestion : c’est simplement que l’ouvrage a été dépassé par des conditions exceptionnelles.
Il y a aussi des cas plus rares où une digue peut rompre avant d’atteindre le niveau de protection prévu. Ce…
Auteur: Jeanne Cassard

