Nantes est « une favela », pour Cyril Hanouna. « Peur sur la ville » se lâche Pascal Praud. « Nantes, territoire perdu de la République », ose Valeurs actuelles. Depuis au moins 2022, la ville est visée par une campagne de désinformation. Elle dépeint une métropole sombrant dans la violence à cause de l’immigration et du prétendu laxisme de la municipalité.
Ces affirmations, notre enquête le montre, sont contredites par toutes les statistiques disponibles. D’où vient la peur, si ce n’est pas de faits concrets ?
Notre enquête dévoile comment des acteurs de la désinformation d’extrême droite, soutenus par des responsables politiques de la droite locale, ont martelé des mensonges souvent outranciers (Pascal Praud, fâché de voir une mère Noël féministe installée à Nantes par un artiste, a même affirmé que « le Père Noël est mort à Nantes ») jusqu’à créer un sentiment d’insécurité à Nantes et jusqu’à nuire à la réputation de la ville à l’échelle nationale.
Cette opération a pris la forme d’une campagne de faux militantisme, à savoir la création d’un groupe Facebook prétendument citoyen et féministe servant dans les faits souvent à renforcer un narratif anxiogène et parfois à faire la propagande électorale de la droite locale. Ce groupe Facebook est aujourd’hui modéré par une personne ouvertement islamophobe et animée par une véritable haine des étrangers. De nombreux posts y sont suivis de commentaires racistes.
D’où vient le sentiment d’insécurité ?
Le sentiment d’insécurité est une inquiétude face à un danger potentiel mais pas forcément réel, rappelait cet article de Mathieu Brand pour Bon Pote.
Cette précision n’est pas une astuce rhétorique ou une façon d’alimenter le déni. En effet, l’écart entre le sentiment et la réalité fait l’objet de mesures.
Le baromètre 2024 du CEVIPOF souligne par exemple…
Auteur: Thibaut Schepman

