Alors que le dernier volet de la franchise Insidious vient de sortir (Insidious : L’Invasion du Lointain), c’est l’occasion de revenir sur James Wan, réalisateur et créateur de pas moins de trois des franchises horrifiques contemporaines les plus importantes (Saw, Insidious, Conjuring). Car James Wan n’est pas seulement un auteur : il est aussi devenu l’un des principaux producteurs du cinéma d’horreur américain. À travers sa société Atomic Monster, il a contribué à lancer ou à développer de nombreux films et séries, tout en participant à une nouvelle manière de fabriquer des franchises. Parler de l’ “Empire” James Wan, c’est donc évoquer bien plus que ses seuls films : c’est traverser vingt ans du paysage horrifique et s’intéresser aux mécanismes qui structurent aujourd’hui le cinéma d’horreur.
Mais cette trajectoire raconte aussi quelque chose sur le contenu même de cette horreur. Via The Conjuring et Insidious, James Wan a contribué à populariser un cinéma qui recycle régulièrement des imaginaires très conservateurs : la défense de la famille traditionnelle, la religion catholique comme rempart contre le Mal, la méfiance envers les transformations sociales et la réactivation de vieilles paniques morales américaines. Cette dimension n’est toutefois ni uniforme ni sans contradictions : Saw et surtout Malignant témoignent d’un goût pour des formes beaucoup plus transgressives, tandis que certaines productions récentes de son studio s’éloignent de cet imaginaire. L’intérêt de la trajectoire de James Wan se situe justement dans cette tension entre l’innovation et l’industrialisation des formes horrifiques d’un côté, et la persistance d’un imaginaire souvent profondément classique et conservateur de l’autre.
Saw : le début du succès pour James Wan et l’origine du torture porn
En 2004, James Wan…
Auteur: Rob Grams
