Elle accuse des antifas de «reconstitution d’un groupe dissout» pour une présentation de livre et la publication d’appels à la solidarité sur internet
Notre époque est celle de l’inversion généralisée. Un néonazi est célébré et reçoit un hommage national à l’Assemblée, des processions néofascistes se déroulent dans nos rues sans que personne, ou presque, ne trouve rien à y redire. Elles sont même vues avec bienveillance et enthousiasme par les médias des milliardaires. Et pendant que la préfète du Rhône Fabienne Buccio autorise ce défilé de nostalgiques de Pétain et du Troisième Reich, elle attaque la résistance antifasciste.
Dans un article de la presse locale repris par d’autres journaux nationaux, on apprend que la préfète a signalé au procureur de la République plusieurs publications émanant du groupe Lyon Antifa sur X. Selon les fins limiers de la préfecture, «ce compte présenterait une forte similitude de logos et de signalétiques avec le Groupe Antifasciste Lyon et Environs (GALE), dissous par décret le 30 mars 2022». La GALE s’opposait aux groupuscules d’extrême droite lyonnais depuis des années, et faisait partie des courageux collectifs et individus qui ont réussi matériellement à faire reculer les nazis à Lyon. Parmi les actions qui ont été reprochées à la GALE : avoir muré un local servant de base arrière aux violences d’extrême droite. Les habitants en étaient pourtant reconnaissants mais les autorités, en bons supplétifs des néofascistes, avaient fini par obtenir la dissolution du groupe. Ce que les dirigeants ne comprennent pas, c’est que l’antifascisme est indissoluble.
Faut-il rappeler à cette représentante de l’État que ce mouvement ne se limite pas à l’autodéfense populaire mais qu’il cultive un projet politique commun d’émancipation qui charrie son histoire et sa propre culture ? Que l’antifascisme a forgé, à travers les…
Auteur: B

