Parmi les chaises et les matelas que les ouvriers sortent de l’immense édifice de l’ancienne Institution libre de Combrée (Maine-et-Loire), un collège et lycée privé catholique créé en 1810 et fermé en 2005, les souvenirs des anciens élèves imprègnent encore les murs de cet établissement qui a servi d’internat de réinsertion jusqu’à peu. « Il y a eu de très beaux moments à Combrée », se rappelle Loïc Dusseau, président de l’amicale des anciens élèves. Certes, mais d’autres affirment aussi être encore en lutte avec un passé bien plus douloureux.
Des gestes, des mots, des odeurs. « Addiction », « autodestruction », « colère », « chaos affectif » : vieilles de plusieurs décennies, les violences subies ont laissé chez certain·es des traces indélébiles. Et à l’image de ce mobilier que les déménageurs, ce mardi 22 avril, entreposent dans des containers à la vue de tous, ces blessures enfouies sont aujourd’hui à vif, dénoncées publiquement dans le sillage de l’affaire Notre-Dame-de-Bétharram, du nom de cet autre établissement catholique visé par plus de 200 plaintes pour violences physiques et sexuelles, dont plusieurs pour viols.
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119 caractères. Le 24 février, François Caro se met devant son ordinateur et publie un bref message sur le groupe Facebook public « Combrée beach ». Administrée par l’amicale, cette page recevait d’habitude des bons mots ou des images sur l’histoire de l’institution, très célèbre dans la région. Mais, ce jour-là, l’intention de cet aide-soignant de 50 ans est tout autre. Il indique vouloir parler du préfet de discipline de l’époque, celui qui…
Auteur: Hugo Boursier

