Le dispositif de répression totalement mis en échec, malgré des blindés, une violence immense et deux manifestantes mutilées
15, 20, 30.000 personnes ? Peu importe le nombre que nous étions : notre victoire n’est pas dans les chiffres égrainés sur les plateaux télé, mais dans la vie que nous avons su insuffler à cette manifestation populaire et indomptable. Il était de toute façon impossible de compter les manifestant·es, puisqu’à aucun moment de cette folle journée la foule n’a pu se réunir au même endroit.
Ce n’était pourtant pas partie gagnée : la propagande anxiogène s’est déversée toute la semaine sur les « chaînes d’info » pour salir le 17 octobre insurrectionnel, les corps sont encore parfois traumatisés de la violence d’une police déchaînée, la météo annonce de la pluie en continu et les appels au calme se comptent même à gauche, alors que LFI ou la CGT appellent à « manifester pacifiquement ».
À Nantes, la CGT a été l’autrice non pas d’une, mais de deux trahisons : alors que l’Assemblée de lutte avait validé 4 points de rendez-vous, la centrale syndicale a d’abord passé un appel au Miroir d’eau, lieu de départ convenu des manifs chiantes, car propice à la répression. Puis, face à l’interdiction de manifester dans l’ensemble du centre-ville, la CGT a montré sa docilité en appelant à un « rassemblement » place de la République, à côté de la Maison des syndicats (plus pratique pour prendre le café) et de l’autre côté de la Loire, dans la zone autorisée.
Tout était donc fait pour que nous perdions, mais le peuple nantais a accumulé les victoires ce 24 octobre.
D’abord dès 13h, alors qu’une cinquantaine de syndicalistes de Solidaires avec chasubles et drapeaux se mettent en marche depuis Talensac (le siège du syndicat) pour rejoindre le Miroir d’eau. L’objectif : se rendre au rendez-vous, permettre aux gens de se réunir,…
Auteur: B
