Plus de la moitié des agents de France Travail déclarent, en 2025, recourir à des outils de l’intelligence artificielle (IA). Avec quelles conséquences sur leurs propres conditions de travail ? La Cour des comptes s’intéresse, dans un rapport paru le 8 janvier, à l’utilisation de l’IA par le premier opérateur de l’État en termes d’effectifs salariés.
Gérant près de 60 millions de mails ou d’appels aux bénéficiaires chaque jour, les salariés de France Travail utilisent l’IA depuis 2019. Analyse automatique des CV, gestion des mails et des appels téléphoniques, vérification de la légalité des offres d’emploi et de leur correspondance à des demandes… Une trentaine d’outils IA sont identifiés par la Cour des comptes.
IA et contrôle automatisé : quand France Travail passe en mode robot
C’est surtout le déploiement de l’IA générative, c’est-à-dire capable de créer des contenus, qui marque une « rupture » pour le personnel, selon la Cour. Depuis novembre 2024, les salariés utilisent ChatFT pour France Travail, un outil similaire à ChatGPT, mais qui s’appuie sur les modèles d’IA générative développés par l’entreprise française Mistral AI.
Les agents passent par ces outils, nommés « FTs », pour rédiger des mails (l’usage majoritaire selon les données recueillies par la Cour), analyser des documents ou encore rechercher des informations légales. De plus en plus, les agents utilisent aussi l’IA pour leurs interactions avec les demandeurs d’emploi (MatchFT) ou les entreprises (QualiFT) – interactions qui en « seront profondément affectées », prévient la Cour.
L’un des risques identifiés est la perte d’autonomie, ou, a minima, un sentiment de « dépossession ». Les professionnels se retrouvent « moins en position de faire et davantage en position de contrôler, vérifier, valider », souligne le rapport. « Ça change complètement nos métiers. On…
Auteur: Maïa Courtois

