Entre optimisme, surmédiatisation, prise de conscience de leurs limites et désillusions, les systèmes d’intelligence artificielle ont un impact encore limité.
L’intelligence artificielle (IA) est souvent présentée comme la prochaine révolution qui bouleversera nos vies. Depuis le lancement de ChatGPT en 2022, les IA génératives suscitent un véritable engouement à l’échelle mondiale. En 2023, NVidia, acteur clé dans la fabrication de puces utilisées pour l’entraînement de modèles d’IA, a dépassé les 1 000 milliards de dollars de valorisation boursière. En France, un plan d’investissement de 900 millions d’euros a été lancé, accompagné de levées de fonds importantes par des entreprises comme Mistral AI (105 millions d’euros) et Hugging Face (235 millions de dollars).
Pourtant, cet engouement s’accompagne de doutes. En effet, si l’IA est en pleine lumière médiatique, son impact économique concret reste modeste et son adoption par les entreprises limitée. Une étude récente estime qu’à peine 5 % des entreprises utilisent activement des technologies d’IA dans leurs processus, qu’il s’agisse d’IA générative, d’analyse prédictive, ou encore de systèmes d’automatisation. Dans certains cas, on reproche même à l’IA de détourner l’attention des dirigeants d’enjeux opérationnels plus pressants.
Ce décalage entre attentes et résultats concrets soulève la question : l’IA est-elle tout simplement en pleine traversée d’un « cycle de la hype », où un engouement excessif se trouve rapidement suivi par une désillusion, comme on a pu l’observer avec d’autres technologies depuis les années 90 ? Ou bien assistons-nous à un réel recul d’intérêt pour cette technologie ?
Des origines de l’IA à ChatGPT : vagues d’optimisme et d’interrogations
L’histoire de l’IA est marquée par des cycles d’optimisme et de scepticisme. Dès les années 50, les…
Auteur: Kathleen Desveaud, Docteur en sciences de gestion, professeur de marketing, Kedge Business School

