Avant de parler de modèles, de centres de données ou de puissance de calcul, Girmaw Abebe Tadesse pose une question beaucoup plus simple : à quoi l’intelligence artificielle doit-elle servir en Afrique ?
« Nous essayons de partir de la réalité de notre environnement et d’appliquer les technologies d’intelligence artificielle aux problèmes auxquels nous sommes confrontés localement. Il est important de nous demander d’abord quels problèmes nous voulons résoudre », explique à ONU Info cet expert éthiopien, qui dirige au Kenya le laboratoire AI for Good de Microsoft.
Membre du Groupe scientifique international indépendant des Nations Unies sur l’intelligence artificielle, soutenu par les Nations Unies, M. Tadesse défend une approche qui inverse la logique souvent suivie dans la course mondiale à l’IA : ne pas commencer par la technologie disponible pour chercher ensuite à quoi l’appliquer, mais partir des besoins pour déterminer les outils nécessaires.
C’est seulement une fois les problèmes identifiés, explique-t-il, que vient le moment de déterminer les infrastructures, les technologies et les données nécessaires pour y répondre. Une manière, surtout, d’éviter que les pays africains ne se contentent d’importer des systèmes conçus ailleurs, à partir d’autres réalités économiques, sociales ou linguistiques.
Girmaw Abebe Tadesse, membre du Groupe d’experts scientifiques internationaux indépendants sur l’IA (à gauche) rend une visite de courtoisie à Zainab Hawa Bangura, directrice du bureau des Nations Unies à Nairobi.
Partir des réalités africaines
La question prend une importance particulière alors que l’IA gagne rapidement du terrain dans l’éducation, la santé, l’agriculture, les entreprises et les services publics africains. Elle était également au cœur des…
Auteur: Nations Unies FR
