Un « moissonnage » massif dénoncé par les créateurs. Musiques, livres, photographies, films : les intelligences artificielles génératives produisent désormais tous types de contenus en quelques secondes. Mais ces performances reposent sur d’immenses volumes de données collectées en ligne, souvent sans autorisation. Pour de nombreux auteurs, le constat est clair, leurs œuvres ont été utilisées sans consentement ni rémunération. Laure Darcos évoque ainsi un « moissonnage » généralisé des contenus culturels, dénoncé depuis plusieurs années par les professionnels du secteur : « Cela fait des mois, voire des années, que les secteurs culturels nous alertent : tout est aspiré ». Cette captation massive touche l’ensemble des industries culturelles, du cinéma à l’édition, en passant par la musique ou encore le doublage. La sénatrice cite notamment le cas des comédiens de doublage : « On continue à faire parler le doubleur de Robert De Niro, mort depuis cinq ans, sans que ses ayants droit ne touchent quoi que ce soit ». Au-delà des droits d’auteur, c’est toute une chaîne de métiers qui se trouve fragilisée. Dans ce contexte, les recours juridiques existants apparaissent largement inopérants. En théorie, un créateur peut saisir la justice s’il soupçonne l’utilisation de son œuvre. Mais en pratique, il lui est presque impossible d’en apporter la preuve, faute d’accès aux données d’entraînement et de transparence…
Auteur: Emma Bador-Fritche

