Interdiction des distributions alimentaires à Paris

À l’instar de ce qui a déjà été fait à Calais, où des arrêtés similaires ont été régulièrement pris depuis 2020 et dénoncés (notamment par des élus LFI, frappés d’amendes à l’occasion d’une action), Laurent Nunez a signé un arrêté préfectoral prévoyant une “interdiction des distributions alimentaires” en vigueur du 10 octobre au 10 novembre, sur une zone s’étalent sur les 10e et 19e arrondissements du nord-est de la capitale. 

Le secteur délimité par l’arrêté concerne neuf artères, dont plusieurs importantes aux abords des stations de métro Stalingrad et Jaurès, dans une partie de la ville devenue au fil du temps un lieu privilégié pour les personnes sans domicile, les exilés… mais aussi les consommateurs de drogues et notamment de crack.

La présence de ces derniers est un problème pour les riverains comme pour les personnes à la rue… mais, relativise Laurent, bénévole à l’association Les Ptits Déj’s Solidaires qui en distribuent environ 400 chaque matin, « nous avons très peu de drogués… et les incidents sont rares. Pour moi, cet arrêté est une justification pour invisibiliser les personnes exilées ». 

Pour la première fois hier matin, jour d’entrée en vigueur de l’arrêté, des policiers ont filtré l’accès aux Jardins d’Éole, où la distribution quotidienne de petits déjeuners a lieu. Les jardins sont situés hors du secteur visé par l’arrêté, mais à sa frontière. « La police contrôlait les papiers des gens. Ceux qui en avaient, notamment beaucoup d’Afghans, pouvaient passer et prendre leur petit déjeuner. Ceux qui n’en avaient pas, majoritairement des personnes noires, nouvellement arrivées, étaient embarquées », nous explique Lafita, bénévole.

« Priver des gens de toute nourriture est d’une cruauté insupportable », conclut Laurent, contacté par téléphone. « C’est une fois de plus ces personnes qui vont trinquer », résume auprès…

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Auteur: Le Média