Interdiction du voile : les femmes musulmanes, oubliées du débat

Le 30 août, Jean-Philippe Tanguy, président délégué du groupe parlementaire du Rassemblement national (RN), annonçait sur BFMTV la volonté du parti de « sanctionner le port du voile islamiste » par une amende en cas d’arrivée au pouvoir. Une déclaration qui remet au premier plan une vieille proposition phare de Marine Le Pen. Depuis une semaine, celle-ci nourrit les réactions.

Néanmoins, au cœur de cette séquence, les principales concernées restent largement écartées d’un débat qui, pourtant, pourrait bouleverser leur vie en société. Pour la chercheuse Liza Hammar et autrice de Le hijab, leur obsession et nous (éditions Les Daronnes), si cette proposition résonne comme un leitmotiv de l’extrême droite, elle s’inscrit surtout dans « une suite logique de lois ».

« On a collectivement admis que la loi de 2004 était tout à fait normale. Idem pour celle de 2010 et toutes celles qui ont suivi (1). De l’interdiction de l’abaya dans les établissements scolaires à la loi séparatisme (2). » Dès lors, « on propose des choses encore réactionnaires et liberticides », estime-t-elle. Cela révèle aussi que l’antiracisme n’était pas au point à gauche. Cette obsession est absolument partagée par une large partie de la classe politique. Il ne s’agit pas que de l’extrême droite, malheureusement, ça nous embarque toutes et tous. »

1

La loi de 2004 interdit le port du voile dans les écoles publiques. Celle de 2010 interdit la dissimulation du visage dans l’espace public.

2

En ce qui concerne la loi séparatisme, si elle n’interdit pas un vêtement en tant que tel, elle contribue à exclure les femmes portant le voile, en les exposant à un soupçon de…

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Auteur: Kamélia Ouaïssa