Interdiction du voile : médias et classe politique se demandent si c’est «applicable» au lieu de dénoncer le racisme


Décryptage de la fascisation généralisée du discours public


Le RN lance sa campagne électorale par une proposition d’un racisme décomplexé : interdire le voile dans l’espace public. C’est-à-dire criminaliser les musulmanes, institutionnaliser les persécutions policières contre ces femmes, et à travers elles attaquer toute la communauté musulmane. Par extension, s’en prendre aux maghrébin·es de France.

Cette mesure est ouvertement discriminatoire. Si elle était appliquée, la France serait l’un des seuls pays du monde – peut-être le seul ? – à inscrire dans la loi des catégories hiérarchisées de citoyennes en fonction de leur religion. Contrairement aux autres femmes, les musulmanes seraient ainsi punissables sur la seule base de leur apparence et de leur croyance, ouvrant la porte à tous les déchaînements haineux et abus de pouvoir. Le RN le dit, la mesure s’appliquerait uniquement au voile islamique, et pas aux nonnes catholiques ou aux foulards juifs. C’est une proposition d’apartheid, qui se baserait sur l’apparence physique et la couleur de peau.

C’est aussi une mesure liberticide et misogyne : les femmes musulmanes seraient ainsi interdites d’exister dans l’espace public, et donc potentiellement confinées chez elles pour éviter les persécutions, les privant de toute activité collective, associative, salariée…

Elle est aussi fondamentalement et totalement anti-laïque. Interdire un signe religieux en extérieur est exactement l’inverse de la laïcité, la vraie : la loi de 1905 est explicite, c’est à l’État d’être neutre vis-à-vis de toutes croyances. Mieux, la laïcité doit garantir à tous les citoyens de croire ou de ne pas croire, et même les protéger de toute attaque. Elle est le fruit d’une bataille pour la liberté des cultes et pour la nationalisation des biens de l’Église.

Des générations ont lutté non pas pour éliminer la spiritualité…

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Auteur: B