En plein cœur de l’été, des agents d’intelligence artificielle (IA) d’Open AI, l’entreprise qui a créé ChatGPT, ont piraté à leur initiative un autre acteur majeur de l’IA, Hugging Face. Une autre entreprise centrale du secteur, Anthropic, a ensuite révélé que son IA Claude avait elle aussi hacké des entreprises de son propre chef.
Ces IA semblent hors de contrôle et interrogent de plus en plus les professionnels de l’informatique. Une autre nouvelle a mis en branle le secteur cet été, sans faire la une des journaux : des développeurs de Debian, acteur majeur du logiciel libre, ont lancé une initiative pour interdire l’usage de l’IA dans leurs productions.
Une communauté mondiale de développeurs bénévoles
Un logiciel libre est un logiciel dont la licence garantit à toute personne la liberté de l’utiliser comme bon lui semble, de l’étudier, de le modifier et de le redistribuer, notamment grâce à l’accès à son code source. Par extension, « le logiciel libre » désigne l’écosystème qui développe des logiciels libres. Debian, c’est un projet fondé en 1993 et maintenu par une communauté internationale de centaines de développeurs bénévoles, qui produit une distribution libre GNU/Linux, c’est-à-dire un système d’exploitation associant le noyau Linux à un ensemble complet de programmes.
« Debian est une des plus anciennes distributions GNU/Linux et l’une de celles qui a pavé la route à de nombreux écosystèmes, dont certaines des distributions les plus connues et les plus utilisées, explique Pierre-Elliott Bécue, développeur Debian français, qui s’exprime ici à titre personnel. Debian n’est pas poussé par une entreprise, et sa plus grande qualité est aussi sa stabilité. En moyenne, une nouvelle version majeure de Debian apporte peu de changements structurels et ils sont souvent bien gérés, si bien que ces mises à jour induisent très peu de perturbations pour les ingénieurs…
Auteur: Rachel Knaebel
