Le GRC (Groupe Révolutionnaire Charlatan), nous a transmis cette première partie d’une analyse plus large de la conjoncture éthico-politique que nous traversons : la décomposition. « Dans ce basculement progressif, ce qu’on distingue surtout c’est que les tendances qui existent depuis longtemps déjà deviennent structurantes et irréversibles : la crise économique ne se résorbera pas, la liquidation de l’État-providence et de plusieurs services publics sera définitive, et l’inflation économique ne reculera pas plus que l’inflation du vote lepéniste et la fascisation de ses cadres. » Reprendre donc, et à bras le corps, la question révolutionnaire
La période qui s’ouvre est un mélange varié de contradictions criantes, dont la principale est l’abîme de faiblesse entre les mots d’ordres des différentes forces politiques et sociales, et la nullité des moyens dont elles se dotent. Alliances pour la sauvegarde de la démocratie ou de la race qui ploient en deux semaines sous le poids des intrigues internes, masses explosives de sociaux-démocrates fébriles ou de racistes violents qui se bloquent entièrement sur l’agenda institutionnel, coalitions bricolées à la dernière minute qui passent pour des agents d’un combat historique. Un pouvoir exécutif qui trouve sa force de décision dans sa faiblesse à gouverner, sa respectabilité dans le mépris qu’il inspire. Au nom de l’ordre républicain, une série d’agressions racistes passée sous silence comme si elle n’était le symptôme d’aucun phénomène ; au nom de l’émeute et de la révolution, un appel à l’ordre républicain ; au nom de la lutte contre l’antisémitisme, une sympathie de circonstance pour un parti obsédé par les binationaux ; au nom de l’alarmisme antifasciste, un amour retrouvé pour le sol libéral sur lequel germe le fascisme. Les antagonismes politiques ne semblent s’aiguiser périodiquement d’eux même que pour…
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Auteur: dev

