Cette semaine, le Groupe Révolutionnaire Charlatan poursuit ses analyses de situation présente. Après avoir fait l’Etat des lieux d’une décomposition et s’être mouillé avec la gauche dans son marécage, il propose dans cette dernière partie d’ausculter les faiblesses, les limites et parfois le pathétique de ce qui se voudrait être un « milieu » révolutionnaire.
« Toutes les émeutes, sans exception, n’éclatent-elles pas dans l’isolement funeste des hommes de leur être collectif ? Toute émeute ne présuppose-t-elle pas nécessairement cet isolement ? La Révolution de 1789 aurait-elle pu avoir lieu sans cet isolement funeste des bourgeois français de l’être collectif ? Elle était précisément destinée à supprimer cet isolement.
Mais l’être collectif, la communauté dont le travailleur est isolé, est d’une tout autre réalité, d’une tout autre ampleur que la communauté politique. La communauté dont le sépare son propre travail, c’est la vie même, la vie physique et intellectuelle, les mœurs humaines, l’activité humaine, la jouissance humaine, l’être humain. L’être humain est le véritable être collectif des hommes. De même que l’isolement funeste de cet être est incomparablement plus universel, plus insupportable, plus terrible, plus rempli de contradictions que le fait d’être isolé de l’être collectif politique ; de même la suppression de cet isolement — et même une réaction partielle, un soulèvement contre cet isolement — a une ampleur beaucoup plus infinie, comme l’homme est plus infini que le citoyen et la vie humaine que la vie politique.
Quand bien même elle ne se produirait que dans un seul district industriel, une révolution sociale se place au point de vue de la totalité, parce qu’elle est une protestation de l’homme contre la vie déshumanisée, parce qu’elle part du point de vue de chaque individu réel, parce que la communauté dont l’individu…
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Auteur: dev

