Question : Comme les organisateurs ne cessent de le répéter, cet événement est une alternative au forum de Davos en termes de niveau des questions à l’ordre du jour.
Je voudrais commencer par la question la plus discutée. L’Occident semble chercher une issue à la situation en Ukraine. À en juger par les statistiques européennes, le nombre de partisans des sanctions et de la pression des sanctions diminue là-bas, car les gens souffrent de l’effet boomerang. Dans le même temps, certaines personnes aux États-Unis et au Royaume-Uni insistent pour que la guerre se poursuive jusqu’à la » victoire. » Il existe différentes options. Kiev a annoncé que la position de négociation est faible parce qu’on les pousse à négocier, et qu’ils veulent renforcer cette position.
Olaf Scholz, Emmanuel Macron et Mario Draghi ont rencontré Vladimir Zelensky à Kiev aujourd’hui. Ils ont déclaré avant la rencontre qu’ils tenteraient de le convaincre de reprendre les pourparlers. La précédente visite des Européens a entraîné l’arrêt du processus. Dans le même temps, Kiev affirme que la livraison prochaine d’armes lourdes va renverser la vapeur et renforcer ses positions de négociation.
Pensez-vous que la fourniture d’armes lourdes et de personnel qualifié est une provocation qui ne fera qu’éloigner la situation des pourparlers ?
Sergey Lavrov : Vous avez soulevé de nombreuses questions. Je voudrais commenter certains de vos points.
Tout d’abord, n’offensez pas le SPIEF [Forum économique international de Saint-Pétersbourg – NdT] en le comparant à Davos, qui s’est depuis longtemps détérioré en un événement qui ne promeut que les intérêts occidentaux. Ils ne prétendent même pas que Davos est une plateforme de dialogue entre les principaux acteurs. Deuxièmement, vous avez dit que l’Occident ne se préoccupe que de ses propres problèmes et ne se soucie pas des problèmes auxquels les autres sont confrontés. La situation est plus complexe. L’Occident tente de résoudre le problème des États-Unis, qui dirigent ce mouvement et se sont déclarés le maître du monde (unipolaire) auquel tous les autres doivent obéir.
L’OTAN a toujours été le fidèle serviteur de Washington. L’UE a elle aussi capitulé. Emmanuel Macron se bat encore pour son idée d’autonomie stratégique européenne, mais il n’a aucun soutien. Les Allemands se sont résignés à cette idée et sont probablement heureux que les États-Unis aient pris le contrôle en Europe et protègent sa sécurité, ou plus précisément, qu’ils…
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Auteur: Le grand soir

