Quand un pays fait la une de la presse financière, c’est rarement bon signe. La France était ce matin sur la page d’accueil de plusieurs titres anglo-saxons influents, signe que nos difficultés budgétaires font de plus en plus parler d’elles en dehors de nos frontières. Aussi bien à Londres qu’à New York, on considère que la récente poussée de fièvre sur les taux d’intérêt fragilise fortement notre pays et l’expose à des difficultés majeures, du fait du niveau élevé de sa dette. Vendredi, le taux d’emprunt à 10 ans a quasiment touché les 5 %. Le mouvement est certes mondial, mais la remontée a été plus brutale en France que ses voisins. En Allemagne, le même emprunt coûtait 1,4 point de pourcentage de moins.
« L’appétit de la France pour l’argent magique s’est transformé en bombe à retardement », titre le Wall Street Journal sur fond de photographie du porche d’entrée de l’Élysée. Le journal de référence dans les milieux d’affaires américains considère que nous sommes désormais « au bord d’une spirale financière dangereuse » et que les « investisseurs se préparent à une aggravation de la situation ».
Même regard inquiet du New York Times qui constate qu’un « automne de mécontentement s’empare de la France », résumant les choses avec le triptyque « grèves, barricades et turbulences fiscales ». Dans ses colonnes, Kenneth Rogoff, un professeur d’économie à Harvard et…
Auteur: Guillaume Jacquot
