Iran : du bazar de Téhéran aux provinces, une colère populaire sous haute surveillance

Une contestation sort toujours de son lit. C’est d’abord dans le bazar de Téhéran que l’appel à la révolte a sonné. Le pouvoir ne s’attendait sans doute pas à voir émerger ce nouveau mouvement depuis le cœur battant de l’économie. Et pourtant, ce lieu a été le point névralgique de toutes les révoltes de l’histoire du pays. Ce que le pouvoir ne pouvait pas prévoir, c’est que les bazaris (commerçants du bazar) sonnent la charge. Longtemps acquise aux clercs et proche des conservateurs, la petite bourgeoisie commerçante du pays descend pour la première fois dans la rue. Le début d’une convergence des luttes qui touche désormais toutes les strates de la société.



Mise à jour

La révolte a pris une nouvelle ampleur, dans la nuit du 8 au 9 janvier, soit après la parution de cet article, après des appels à manifester dans les grandes villes de la part de Reza Pahlavi, fils exilé du dernier chah d’Iran, et des partis politiques kurdes. Les autorités iraniennes ont coupé Internet dans tout le pays.


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En cause : une économie persane frappée par une hyperinflation critique et une forte dévaluation de sa monnaie. Aujourd’hui, un dollar s’échange contre environ 1,3 million de rials (la monnaie nationale), contre 800 000 début 2025. Cette situation étrangle le pouvoir d’achat de la population et, par ricochet, celui des commerçants. Près de 40 % des Iraniens vivent sous le seuil de pauvreté. La crise est largement provoquée par la mainmise d’une petite élite proche du clergé sur la rente pétrolière, ainsi que par une mauvaise gestion des…

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Auteur: William Jean

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