On me dira que toutes les guerres sont absurdes, mais reconnaissons que celle-ci atteint des sommets. Ce ne sont pas les experts omniprésents sur les plateaux de chaînes d’information en continu qui diront le contraire. On entend cette armada de généraux en retraite rivaliser d’hypothèses qui, à peine énoncées, sont aussitôt démenties par les sautes d’humeur de Donald Trump et les revirements d’un pouvoir iranien qui continue de courir comme un canard sans tête. Les belligérants se livrent à une guerre des nerfs aux dépens de la planète entière, à commencer par le peuple iranien. Qui craquera le premier ? L’Iran économiquement asphyxié ou Donald Trump, qui voit arriver avec effroi l’échéance des midterms et une prochaine visite à Pékin, où il aura du mal à faire le fier ?
Voilà une guerre qui n’avait pas de raison d’être puisque son objectif affiché par les assaillants, états-uniens et israéliens, était atteint avant même qu’elle ne soit déclarée.
Ne sachant finalement pas plus que nous lire l’avenir, nos experts n’ont d’autre recours que de montrer leur science inépuisable en armes de mort. L’étonnant dans ce tableau est qu’un homme se fait discret : Benyamin Netanyahou. Il a sa guerre à lui, au Liban. Mais du conflit qui sème le chaos dans l’économie mondiale, en Iran et dans le Golfe, il est étrangement absent. On en oublierait presque qu’il en est l’instigateur. Voilà une guerre qui n’avait pas de raison d’être puisque son objectif affiché par les assaillants, états-uniens et israéliens, était atteint avant même qu’elle ne soit déclarée. Rappelons que la mise sous surveillance du nucléaire iranien était au cœur de l’accord de 2015 ratifié par l’Iran, les États-Unis, la Russie, la Chine, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, ainsi que l’Union européenne.
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Auteur: Denis Sieffert

