Après la mort de Khamenei, quelles sont les règles de la succession dans les institutions iraniennes ?
D’un point de vue constitutionnel, le successeur éventuel doit faire partie du clergé, et être un grand ayatollah qui a rédigé des textes religieux importants. Il est désigné par des hauts dignitaires religieux. La seule occurrence de changement à sa tête que le régime ait connu, c’est 1 989. Ali Khamenei avait été choisi parce qu’il était président et membre du clergé. Il n’était pas grand ayatollah, mais avait trouvé l’énergie pour vite le devenir. C’était surtout un choix commode parce que c’était une personne stable, lettrée, qui n’avait pas le même charisme que Khomeyni.
Le contexte de la guerre change-t-il les choses ?
La situation actuelle est un peu différente. Pendant la guerre des douze jours [de juin 2025], l’option de la mort du guide suprême avait déjà été envisagée. Ali Khamenei avait établi une liste de trois potentiels successeurs dont on ne connaît pas la teneur. On sait simplement que son fils, Mojtaba Khamenei, n’y figurait pas. Par le passé, son nom était revenu quand les observateurs discutaient d’un éventuel successeur, mais le régime ne voulait pas mettre en avant un caractère héréditaire du pouvoir qui ressemblerait trop au régime précédent [du Chah, dont le fils est évoqué comme recours par les diasporas iraniennes occidentales, ndlr].
Un triumvirat [composé du président iranien…
Auteur: Louis Mollier-Sabet

