La répression a franchi un palier en Iran ce dimanche 11 janvier. L’ONG Iran Human Rights faisait état ce matin de 192 morts identifiés, mais le bilan pourrait s’avérer encore plus lourd. Malgré la coupure d’internet par le gouvernement, des témoignages recueillis par Le Monde font état d’une saturation des morgues et des hôpitaux qui indiquerait « plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de morts. »
Parti d’une mobilisation des commerçants de Téhéran face à la crise économique le 23 décembre, le mouvement a ensuite essaimé dans de nombreuses villes du pays, les commerçants étant rejoints par des groupes sociaux très divers. « Il y a une accumulation de mécontentements après 47 ans de République islamique », estime Bernard Hourcade, directeur de recherche émérite au CNRS, citant notamment les émeutes dans les banlieues populaires de 2019 ainsi que le mouvement des femmes contre l’obligation du port du voile en 2022.
La question économique au cœur de la contestation
Mais contrairement à ces deux précédents, les gardiens de la Révolution sont aujourd’hui affaiblis par leur défaite dans la « guerre de douze jours » face à Israël et aux Etats-Unis en juin 2025. Le mouvement de contestation récent dépasse ainsi les « symboles » de la question du guide suprême ou du port du voile, explique Bernard Hourcade : « Les petits commerçants en Iran sont un groupe très conservateur, qui bénéficiait du système…
Auteur: Louis Mollier-Sabet

