Si ce n’est pas une révolution, cela y ressemble fort. Le mot, hélas, n’est pas gage de réussite.Il rend compte seulement de l’état de la mobilisation, de l’évolution politique et de la centralité de ses objectifs. Toutes les couches de la société iranienne, ou presque, sont là. Même les commerçants du bazar de Téhéran, soutiens traditionnels du régime. C’est la vie chère qui a mis en mouvement le peuple de la capitale et de toutes les grandes villes du pays, mais la question de la nature du régime s’est rapidement posée comme si tous les soulèvements des années précédentes, depuis 2009, remontaient à la surface.
La révolte des femmes en 2022, à la suite de l’assassinat de la jeune Mahsa Amini, coupable d’avoir mal ajusté son voile, était sans doute vouée à l’échec, mais leur lutte se réinscrit aujourd’hui dans une mémoire collective. Révolution donc, cette fois, par le nombre, par la politisation des mots d’ordre ciblant explicitement le guide suprême, c’est-à-dire la tête du pouvoir des mollahs, et par la panique qui s’empare des sommets.
Mais quelle solution alors que le régime, blessé, se lance dans une répression aveugle – on parle de six cents morts – et suscite des contre-manifestations de tous ceux qui trouvent intérêt au maintien du système. Faut-il s’en remettre aux gros sabots et aux missiles du duo de gangsters internationaux Trump-Netanyahou ? Des bombes sur Téhéran pourraient peut-être avoir la peau d’Ali Khamenei et de quelques autres caciques du régime, ou même frapper des cibles militaires, mais pour quelle suite ?
Avec Reza Pahlavi, d’un régime tyrannique à l’autre
La vérité, c’est que Trump et Netanyahou se moquent des Iraniens comme d’une guigne. L’un rêve d’une vassalisation de ce pays si historiquement indocile, mais riche en pétrole. L’autre veut le chaos qu’il pourrait vendre à son…
Auteur: Denis Sieffert

