Iran, Zaporijia, IA : le nouveau grand écart du nucléaire

Depuis plus de six mois, à l’exception d’une inspection de la centrale de Bouchehr, sur le golfe Persique, en juin, les inspecteurs de l’AIEA n’ont mené aucune vérification sur le terrain en Iran. Et depuis plus d’un an, selon le directeur général de l’agence, Rafael Grossi, cette dernière a perdu la « continuité des connaissances » concernant les stocks d’uranium présents dans les installations nucléaires touchées par les frappes américano-israéliennes de juin 2025.

Auparavant, l’Iran disposait de plus de 440 kilogrammes d’uranium hautement enrichi jusqu’à 60 %. De là au seuil de 90 % nécessaire à un usage militaire, il n’y a qu’un pas sur le plan technique, selon l’AIEA. Cette quantité suffirait, une fois enrichie encore davantage, à fabriquer une dizaine d’armes nucléaires. L’AIEA estime que plus de 200 kilogrammes pourraient subsister sur un seul site, sans pouvoir en vérifier l’état ni la localisation exacte.

©IAEA/Dean Calma
Rafael Mariano Grossi, directeur général de l’AIEA, au siège de l’agence onusienne, à Vienne (archive).

« Le manque d’informations de l’agence sur ce matériel nucléaire et l’absence d’accès aux installations permettant de le vérifier constituent une grave préoccupation en matière de prolifération et doivent être traités de toute urgence », a averti M. Grossi, à l’ouverture de la 70e conférence générale annuelle de l’AIEA. Il a appelé à un retour à la diplomatie, estimant qu’une reprise des négociations était « impérative ».

Le conflit militaire déclenché par Israël et les Etats-Unis contre l’Iran au mois de février a en effet envenimé la situation. Washington présentait l’opération comme destinée à empêcher Téhéran de se doter de l’arme nucléaire et à détruire ses capacités balistiques. Six mois plus tard, la…

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Auteur: Nations Unies FR