La course à l’eau est ouverte, alors que la précieuse ressource se raréfie en période estivale, en particulier dans la moitié sud de la France. Pour y faire face, le gouvernement affiche l’ambition d’exploiter 10 % des eaux usées traitées d’ici 2030, contre 1 % aujourd’hui.
Sur le papier, la proposition, faite dans le cadre de son plan Eau 2023, est pleine de bon sens : réutiliser les eaux rejetées par les stations d’épuration pour l’irrigation agricole, le nettoyage de la voirie ou l’arrosage des espaces verts et des golfs. Mais capter ces eaux prive parfois des rivières d’une ressource qui, en période estivale, représente la totalité du débit du cours d’eau.
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Les eaux usées traitées abreuvent en effet largement nos rivières. Sans elles, de nombreux cours d’eau seraient à sec en été, pointe un rapport de la Commission européenne.
Si aucune étude ne quantifie précisément cet apport, les spécialistes sont formels sur son importance. Jérôme Armand et Nassim Ait-Mouheb, deux scientifiques qui coordonnent le réseau Reuse de l’Inrae, listent de nombreux exemples dans le sud de la France mais aussi en Côte-d’Or, en Bretagne ou en Île-de-France. Autant de lieux où des études ont déjà montré que la réutilisation des eaux usées (nommée Reut) impacterait trop le débit des cours d’eau, avec la mise en danger d’animaux aquatiques et d’espèces qui y boivent.
Une pression sur les milieux aquatiques
Les acteurs de l’eau ne s’y trompent pas. « Nous devons regarder les projets de Reut au cas par cas, et vérifier en particulier si l’eau qui sort de la station d’épuration contribue au débit d’étiage [débit minimum] des cours d’eau », précise Hélène Michaud, directrice des interventions à l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse. Le Cerema, établissement public pour…
Auteur: Magali Reinert
