Islamophobie : quand le déni nourrit la haine

Une petite musique est entonnée, imperturbablement, qui, de murmurante, s’est faite de plus en plus bruyante, et ce, au fil des dernières années. Les attentats djihadistes et antisémites commis à partir de 2012 en France, pour la période la plus récente, l’ont accompagnée et potentialisée sans en être la cause déclenchante ou déterminante.

Le musulman avéré ou supposé ne pourrait généralement être que coupable ou agresseur, et rarement victime.

Ces drames, au demeurant, en furent davantage un adjuvant ; ils ont été les composants d’un puissant fertilisant d’un sol nourri au rejet, à la stigmatisation de l’autre et à une culture du soupçon à l’égard de celui qui ne ressemble pas exactement au Français tel que se le représentent ceux qui s’alimentent à cette suspicion. Ne nous y trompons pas : le djihadisme, aussi condamnable et mortifère soit-il, n’a ni pour responsables les musulmans ni ne saurait justifier, d’aucune manière, la haine et le racisme à leur encontre.

Sur le même sujet : Rapport sur l’islamisme : « Toute organisation devient suspicieuse »

Cette culture du soupçon, qui vise plus particulièrement les musulmans visibles dans l’espace public, est entretenue par une multiplicité d’opérateurs situés en des lieux différents de la société, de sorte que le musulman avéré ou supposé ne pourrait généralement être que coupable ou agresseur, et rarement victime. Ce n’est évidemment pas toujours assumé aussi limpidement.

La lutte contre l’islamophobie, laquelle repose sur l’essentialisation négative de l’appartenance réelle ou présumée à l’islam, en est souvent l’angle mort. Celle-là a constamment été prise en mauvaise part, autrement dit spécialement tenue en suspicion par un large spectre de l’espace politique hexagonal de même que par un certain nombre d’éditorialistes et de journalistes qui, au lieu de prendre au sérieux la réalité de cette espèce…

La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Haouès Seniguer