Depuis la canicule historique de juin 2026 qui a fait suffoquer une bonne partie de la France dans des logements mal adaptés à la fournaise, la politique du bâtiment est plus que jamais sous le feu des critiques.
Entre les coupes massives dans le Fonds vert, les nouvelles restrictions sur les travaux éligibles aux aides MaPrimeRénov’ et le projet de loi prévoyant de remettre sur le marché des centaines de milliers de logements mal isolés, la France accumule les retards et même les reculs sur le chantier de la rénovation énergétique. Une inaction doublée d’une négligence irresponsable à l’heure où les fortes chaleurs font des milliers de victimes. Fin juin, Santé publique France a fait état d’une augmentation des décès plus marquée dans les régions en vigilance rouge, et surtout à domicile. Un phénomène socialement situé, alors que les quartiers sont en première ligne face au phénomène des « bouilloires thermiques ».
L’occasion pour Bon Pote de sonder les réglementations et aides en vigueur pour garantir un confort d’été minimal dans les bâtiments. DPE, MaPrimeRénov, réglementations dans le neuf… Les normes et les aides sont encore loin d’être à la hauteur de ce qui nous attend.
Le biais hivernal du bâtiment
En France, la première réglementation thermique date de 1974, au lendemain du premier choc pétrolier. L’objectif est alors de réduire autant que possible les consommations énergétiques des bâtiments. Depuis cette époque, la priorité a été mise dans des bâtiments faciles à chauffer… mais pas forcément à rafraîchir. La course à l’isolation thermique a peu à peu supplanté le bâti ancien, très lourd, qui était « inconfortable l’hiver mais plutôt agréable l’été », retrace à Bon Pote l’expert en design climatique Clément Gaillard. Une philosophie qui s’est prolongée jusqu’à nos jours. Ingénieure docteure au Centre scientifique…
Auteur: Sophie Kloetzli

