À l’occasion de la projection du documentaire Disunited Nations et de la tenue d’une table ronde sur “l’échec du droit international à Gaza”au Festival du film et forum international des droits humains (FIFDH) à Genève, où Frustration magazine était présent, nous avons eu la chance de pouvoir nous entretenir avec Francesca Albanese, rapporteuse spéciale à l’ONU sur la situation des droits humains dans les territoires palestiniens occupés, et avec son réalisateur Christophe Cotteret, auteur de nombreux films sur la géopolitique et la violence politique (notamment White Power sur les groupes d’extrême droite radicale). Disunited Nations suit Francesca Albanese sur plusieurs mois et montre plus largement l’ampleur du génocide en Palestine.
Ce qui m’a frappé au visionnage du film et à la table ronde qui s’en est suivie c’est que ce n’est pas tant que le droit international n’est plus respecté – il y a malheureusement plein de précédents – mais qu’il est pris pour cible très spécifiquement et assez massivement. Des puissances cherchent à le détruire en tant que tel. Ceux qui le représentent sont pris pour cibles, sont au minimum diffamées, voire menacées, voire subissent des attaques matérielles et meurtrières. Est-ce que c’est là la vraie rupture ?
Christophe Cotteret : Si l’on prend un peu de recul historique — et Francesca le rappelle souvent — Israël mène une guerre de type colonial vis-à-vis des Palestiniens et plus largement dans la région. Dans ce contexte, il n’est pas très surprenant que les pays occidentaux s’identifient davantage au colonisateur qu’au colonisé.
Cette dynamique n’est pas nouvelle. Les puissances coloniales ont toujours réprimé très violemment ceux qui dénonçaient ces politiques. On se souvient de la répression de la contestation de la guerre du Vietnam aux États-Unis. En France, on se souvient aussi de la répression des Algériens…
Auteur: Rob Grams

