L’État d’Israël a entretenu dès son origine des liens de tous ordres, étroits et complexes, avec les grandes puissances occidentales : les États-Unis d’Amérique en premier lieu, et aussi la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et les pays de l’actuelle Union européenne, et même, dans une moindre mesure, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande… Je ne reviendrai pas ici sur cet héritage historique qui avait ceci de paradoxal : en un sens, l’État d’Israël n’aurait pu se créer ni se conserver sans le soutien des grandes puissances occidentales, mais en un autre sens, ce soutien n’impliquait dans les milieux dirigeants et les populations de ces pays – en dehors de cercles juifs et judéophiles relativement restreints – aucune compréhension ou empathie particulière pour « les Juifs ».
Les pays occidentaux étaient dominés par un antijudaïsme traditionnel (chrétien ou christianisé) ou un antisémitisme moderne plus virulent encore (Drumont en France, Hitler en Allemagne, Ford aux États-Unis…) et leur soutien à l’État d’Israël était plutôt pour eux un moyen de « se débarrasser du problème juif » ou de l’instrumentaliser à des fins politiques (gestion du Moyen-Orient) et/ou religieuses (sionisme chrétien).
Quoi qu’il en soit, le tableau aujourd’hui n’est plus tout à fait le même. Bien que toujours dépendant de sa tutelle occidentale, l’État d’Israël a pris conscience avec le temps, au point de se griser, sans doute de s’illusionner lui-même, de ses atouts technologiques, économiques, militaires, culturels, etc., et a manifesté de plus en plus des velléités d’affirmation de ses propres intérêts de puissance régionale, indépendants de ceux des États-Unis ou de l’Union européenne, parfois même en contradiction avec eux (dans le Caucase, par rapport à la Russie ou l’Iran…). Inversement, les pays occidentaux en sont venus de plus en plus…
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Auteur: dev

