Décharnés, le visage émacié, les yeux vides… L’apparition de Or Levy, Eli Sharabi et Ohad Ben Ami entre les pick-up du Hamas, samedi 8 février, a eu l’effet d’une bombe en Israël. Si les précédents otages libérés semblaient en relativement bonne condition physique, l’état de ces trois hommes a ravivé les souvenirs collectifs et traumatiques de la Shoah chez les Israéliens, amplifiant un sentiment d’urgence quant au sort des 76 otages restants à Gaza. Des preuves de vie ont été rapportées pour au moins 9 d’entre eux.
Une forme de pudeur et de discrétion a d’abord prévalu autour d’anciens captifs. Après un débriefing avec des enquêteurs des renseignements israéliens, et quelques jours d’examens médicaux à l’hôpital, ils sont conduits au complexe sportif Hamaccabi, non loin de Tel-Aviv, pour leur laisser le temps de se reconstruire physiquement et psychologiquement.
Une faim intense et des mois sans douche
Pour protéger des informations jugées sensibles, l’armée filtre et recommande le silence : « Il y a des éléments à ne pas dévoiler par crainte pour la vie des otages en captivité », explique la porte-parole de la famille d’un captif récemment libéré. Si la famille l’autorise, leurs conditions de détention filtrent, par bribes, sous forme de témoignages indirects et parfois anonymes.
Tous les otages n’ont pas été traités de la même manière. Si les quatre observatrices de l’armée ont été détenues ensemble dans des appartements, sans accès régulier à l’hygiène et sans pouvoir pleurer et se tenir la main. D’autres, comme Gadi Moses, 80 ans, ou Arbel Yehud, 27 ans, ont vécu leurs quinze mois de détention isolés, en étant mal nourris.
« J’ai été détenu dans des tunnels sans voir la lumière du jour, sans accès aux médias. J’ai souffert d’une faim intense, passé des mois sans prendre de douche », a quant à lui partagé Ofer Kalderon dans un…
Auteur: Cécile Lemoine, correspondante à Jérusalem

