« Pour la solution à deux États, le glas a presque sonné », a tranché d’un ton grave António Guterres, lors d’un débat public du Conseil de sécurité des Nations Unies consacré au Moyen-Orient.
Depuis des décennies, la perspective d’un État palestinien coexistant pacifiquement aux côtés d’Israël est présentée par l’ONU comme la seule issue politique viable au conflit israélo-palestinien.
Mais selon M. Guterres, cet horizon s’éloigne inexorablement. « L’engagement politique en faveur de cet objectif de longue date n’a jamais été aussi ténu », a-t-il reconnu, pointant du doigt la négation persistante des aspirations nationales palestiniennes.
Aggravation continue depuis le 7 octobre
Le tournant brutal de la guerre à Gaza, déclenchée par l’attaque meurtrière du Hamas contre Israël, le 7 octobre 2023, a porté un nouveau coup à l’idée d’une solution négociée.
António Guterres a évoqué une situation humanitaire « qui dépasse aujourd’hui l’entendement » dans l’enclave, où plus de 50.000 Palestiniens ont été tués durant le conflit, dont près de 2.000 depuis la rupture du cessez-le-feu, le 18 mars. Femmes, enfants, journalistes et travailleurs humanitaires, les victimes dépassent très largement le cadre des combattants.
Quant aux armes employées contre les civils palestiniens, elles ne se limitent pas non plus aux bombes. Depuis près de deux mois, Israël bloque toute livraison de nourriture, de carburant et de médicaments dans Gaza, dont les deux millions d’habitants sont désormais pris en tenaille entre les frappes aériennes et la faim.
Le Secrétaire général s’est dit alarmé par les déclarations de représentants d’Israël concernant l’utilisation de l’aide humanitaire comme moyen de pression militaire. « L’aide humanitaire n’est pas négociable », a-t-il martelé, et « les civils doivent être protégés ».
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Auteur: Nations Unies FR

