Sur Politis.fr, Denis Sieffert rappelle à juste titre que la perspective d’un État binational en Palestine fut défendue par de nombreux intellectuels juifs comme Martin Buber et Hannah Arendt, mais aussi par Gershom Scholem ou Albert Einstein. Plus même, un parti politique, Ihud (Unité), fondé sur cette base, obtient 44 % des voix en 1944 aux élections internes du Yichouv,la communauté juive en Palestine.
Cette perspective sera vite enterrée, et ce pour deux raisons : d’une part, les dirigeants arabes ont refusé toute solution de ce type qui, pour eux, légitimait la colonisation juive ; d’autre part, le mouvement sioniste l’a combattue férocement en s’appuyant sur la révélation de l’ampleur du génocide qui renforce alors l’idée d’un État où les juifs puissent vivre en sécurité.
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Au vu du processus de colonisation qui s’amplifie jour après jour et qui menace l’existence politique du peuple palestinien, et dans le cas de Gaza son existence physique, la perspective d’un État binational est-elle devenue plus envisageable que la solution à deux États qui aurait été ruinée par la colonisation ? Disons-le tout net, dans les circonstances politiques actuelles et les rapports de force correspondants, les deux solutions semblent hors de portée. Ni l’une ni l’autre n’apparaissent réalistes. Ce n’est donc pas sur le critère de faisabilité qu’il faut évaluer la pertinence de ces deux perspectives.
Un État binational serait un État regroupant deux nationalités. L’une serait évidemment la nation palestinienne dont il faut espérer que son organisation respecterait la pluralité religieuse et politique existant en son sein. Mais quelle serait l’autre ? Serait-ce la « nation…
Auteur: Pierre Khalfa

