En février dernier, le gouvernement Meloni a adopté encore un nouveau paquet de mesures de sécurité à caractère répressif. « Encore un » car un autre paquet de mesures de sécurité avait déjà été adopté par ce même gouvernement il y a moins d’un an, en avril dernier 2025, à l’issue d’un processus parlementaire entravé par de nombreuses contestations. Il s’agit de deux paquets de mesures de sécurité qui semblent complémentaires : le second approfondit la dérive sécuritaire amorcée par le premier. Les thèmes abordés dans les deux paquets sont similaires, tout comme le sont les instruments utilisés. On en vient à criminaliser la dissidence politique et la marginalité sociale par le biais du droit et de la force. Pour s’assurer du résultat, le gouvernement a décidé dans les deux cas de contourner le débat parlementaire et d’imposer sa ligne, en recourant à la procédure d’urgence. En effet, les paquets de mesures de sécurité ont été approuvés par des décrets-lois, promulgués « en cas extraordinaire de nécessité et d’urgence » par le Conseil des ministres (donc par le gouvernement) puis confirmés par le Parlement dans un délai de 60 jours.
Ces dernières années, presque tous les gouvernements – tant de droite que de centre-gauche – ont élaboré leur paquet de mesures de sécurité en recourant à l’instrument du décret d’urgence : on peut citer le décret Minniti (2017, gouvernement Gentiloni – gouvernement de coalition dirigé par le centre-gauche), le décret Salvini (2018, gouvernement Conte I – gouvernement de coalition entre la Ligue de Matteo Salvini et le Mouvement 5 Étoiles) et le décret Salvini bis (2019, toujours le gouvernement Conte I). Le gouvernement Meloni avait déjà commencé à adopter des mesures en matière de sécurité, d’abord avec le décret « anti-rave » (2022), puis avec le projet de loi « ecovandali » (« loi écovandales » – un équivalent…
Auteur: romain romain

