L’écrivain Joseph Andras a retracé dans ses livres les parcours de Fernand Iveton (De nos frères blessés, Actes Sud, 2016), d’Alphonse Dianou (Kanaky, Actes Sud, 2018), du jeune Hô Chi Minh (Au loin le ciel du Sud, Actes Sud, 2021). Il a récemment consacré un ouvrage à la chanteuse kurde, prisonnière politique en Turquie, Nûdem Durak aussi (Nûdem Durak. Sur la terre du Kurdistan, Ici-bas, 2023). Récemment, il a cosigné avec Kaoutar Harchi, Littérature et révolution (Divergences, 2024), plaidant pour « une écriture attachée à la construction d’une société d’égales et d’égaux – une société socialiste ».
Le texte qu’il nous propose ici et que nous nous honorons de publier dans les colonnes de Contretemps s’attache à une figure méconnue de la gauche palestinienne : Jabra Nicola (1912-1974). Communiste devenu trotskyste, membre de l’Organisation socialiste israélienne – Matzpen –, l’itinéraire de Nicola est un héritage d’égalité et de justice.
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Que les temps soient obscurs et qu’une lumière tarde à se faire en nos yeux, la chose est sûre. Où qu’on regarde en Palestine, du sang. Des morts. Des décombres. Et tout ça, le sang, les morts et les décombres, au nom de l’empire de la force[1]. Quelque part dans un livre, Arendt a écrit que « même dans les temps les plus sombres, [nous avons] le droit d’attendre quelque illumination et qu’une telle illumination [peut] fort bien venir […] de la lumière incertaine, vacillante et souvent faible que des hommes et des femmes, dans leur vie et leur œuvre, font briller[2] ». Pour nous Jabra Nicola, alias Abu Sa’id, est de ceux-là.
Parler d’un être c’est toujours parler du monde : en tout individu la Terre est repliée. Alors, pour parler de Jabra Nicola, il faut d’abord se figurer Haïfa. Et le faire en l’année 1912. C’est une petite ville portuaire dotée, depuis peu, d’une voie de chemin de fer liée à la…
Auteur: redaction

