Physicienne hors pair, Jacqueline Bloch est spécialiste d’objets microscopiques à mi-chemin entre matière et lumière : les polaritons. Elle vient de recevoir la médaille d’or du CNRS, plus importante récompense de la recherche française. Portrait.
Dans la paume de sa main, elle exhibe comme un fabuleux trésor un demi-cercle ultra-réfléchissant, aussi fin qu’une lame de rasoir. « Voilà typiquement un échantillon de microcavités que l’on fabrique ici même, au Centre de nanosciences et de nanotechnologies (C2N) ! » La magicienne des lieux, Jacqueline Bloch, 59 ans, regard rieur assorti à sa voix joyeuse et à son grand sourire lumineux quasi constant, utilise ce laboratoire miniature pour mêler lumière et matière et ainsi ausculter le monde quantique. Aujourd’hui directrice de recherche au C2N, membre de l’Académie des sciences, elle vient de se voir décerner la médaille d’or 2026 du CNRS.
Comment devient-on magicienne de la lumière ? « Mon père, Claude Bloch, était un grand physicien, et je l’ai perdu quand j’avais 4 ans, raconte-t-elle dans un premier sourire ému. Mon oncle était également scientifique. J’ai donc grandi dans l’admiration de ce père brillant que je n’ai pas connu, et plus généralement dans une sorte d’aura de physiciens, qui m’a montré la lumière. » La petite Jacqueline amorce donc son existence avec l’envie de devenir chercheuse en physique.
La…
Auteur:
