L’histoire de la Francophonie institutionnelle se concentre le plus souvent sur les « pères fondateurs » Léopold Sédar Senghor, Hamani Diori, Habib Bourguiba et Norodom Sihanouk. C’est oublier un peu vite que l’ancien président français (1995-2007) Jacques Chirac a joué un rôle déterminant dans la création et le développement de l’Organisation internationale de la Francophonie dans les années 1990 et 2000.
Cette action n’est pas le fruit du hasard ou du seul calcul politique. Elle traduit chez lui une véritable militance en faveur de la Francophonie. Jacques Chirac est d’abord un partisan convaincu de la francophonie linguistique et culturelle, dans la lignée de son mentor en politique Georges Pompidou. Il nourrit très tôt une réflexion sur le rôle d’une langue, sa place dans l’influence d’un pays et son importance du point de vue de la culture et de l’identité des peuples.
Toutefois, cet attachement n’est probablement pas de même nature que celui manifesté par Pompidou. Chirac n’est pas un lettré profondément épris de littérature et amoureux des mots de la langue française comme pouvaient l’être un Pompidou, un Senghor et un Mitterrand. C’est en revanche une personnalité très ouverte sur la diversité des cultures dans le monde et sur la nécessité de les protéger. La construction du musée des Arts premiers du Quai Branly à Paris en témoigne notamment. Le combat en faveur de la francophonie est donc tout autant, chez Jacques Chirac, une affaire de défense de la langue et de la culture françaises à l’échelle mondiale qu’une lutte permanente pour le respect de la diversité culturelle et linguistique dans le processus de la mondialisation.
La francophonie comme instrument de résistance à l’uniformité culturelle
Pour Jacques Chirac, comme il l’exprime le 12 février 2002, la francophonie constitue à la fois une donnée culturelle et identitaire fondamentale – celle de la…
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Auteur: Frédéric Turpin, Historien, Université Savoie Mont Blanc

