Le laboratoire GSK aurait dû et devrait mieux informer sur les graves troubles du contrôle des impulsions provoqués par son médicament antiparkinsonien, le Requip. Jeudi 12 mars, les juges du tribunal civil de Nanterre (Hauts-de-Seine) ont condamné le géant pharmaceutique pour défaut d’information dans l’affaire qui l’oppose à Stéphane Grange, un malade de Parkinson qui a sombré dans l’addiction au sexe et aux jeux du fait de ce traitement.
Le quinquagénaire s’était subitement mis à fréquenter en permanence, nuit et jour, des sites pornographiques et de paris sportifs à partir de 2019, quand il a commencé à prendre du Requip pour limiter les raideurs et les tremblements provoqués par sa maladie de Parkinson. En moins de deux ans, le cadre francilien s’est endetté de plus de 90 000 euros, avait-il raconté à Mediapart.
Un produit à « la présentation défaillante »
Dans le jugement dont Reporterre a pu lire des extraits, les magistrats ont estimé que « le Requip présente le caractère d’un produit défectueux, au regard de la présentation défaillante du produit ». Le géant pharmaceutique avait pourtant déjà été contraint à présenter les risques de façon plus claire après avoir été condamné une première fois en France en 2012.
Mais aujourd’hui encore, même si elle mentionne « des cas d’addiction aux jeux d’argent, d’achats compulsifs et d’hypersexualité » la notice n’évoque pas à quel point ces effets indésirables graves sont fréquents. Or un patient sur deux traité par ce type de médicament développe des troubles du contrôle des impulsions dans les cinq ans, a montré une étude d’ampleur publiée en 2018 dans la revue scientifique Neurology.
« C’est une grande satisfaction. La justice montre qu’il ne suffit pas de se cacher derrière un aménagement léger des notices pour espérer échapper à ses responsabilités, que donner la plénitude des…
Auteur: Rozenn Le Saint

