Fontjoncouse (Aude), reportage
En arpentant la piste forestière qui mène jusqu’à l’exploitation d’Emmanuelle Bernier, sur les hauteurs de Fontjoncouse, les traces du feu du 5 août 2025 sont partout. Certains arbres, noircis par les flammes, ont été abattus et s’amoncellent le long du chemin, d’autres tiennent encore péniblement debout. Au bout de la piste, la Cabane du berger d’Emmanuelle Bernier se reconstruit pas à pas.
Il y a un an, l’éleveuse a été contrainte d’abandonner une partie de ses bêtes et de sa vie devant l’avancée des flammes. Du matériel agricole, des cultures, le chalet dans lequel elle vivait et 17 chèvres ont été emportés par l’incendie que l’on surnomme « l’ogre des Corbières » dans la région. Au total, le feu a ravagé près de 17 000 hectares dans l’Aude en seulement quelques jours.
Un an plus tard, le sourire ne quitte pas le visage d’Emmanuelle Bernier, occupée à appliquer une couche de crépi sur la nouvelle maison qu’elle habite. « Si ce drame a au moins permis quelque chose, c’est de renforcer les liens sur le territoire et d’amorcer de réelles réflexions pour l’avenir des Corbières. »
Élan de solidarité
Alors que les cendres étaient encore chaudes et que le feu n’était pas totalement fixé, un élan de solidarité s’est spontanément organisé dans les Corbières pour apporter du foin, de l’eau et un soutien psychologique aux personnes touchées par l’incendie. Avec pour base arrière le tiers-lieu paysan Beauregard, situé à quelques kilomètres de là, à Bizanet, des centaines de bénévoles se sont relayés pour prêter main-forte aux sinistrés.
« C’est cet élan de solidarité qui m’a permis de continuer à me battre. Il y avait rapidement du monde chez moi pour m’aider à reconstruire. La stupeur et le choc ont laissé place à cette formidable énergie collective », se souvient Emmanuelle.
Depuis, l’éleveuse a…
Auteur: Justin Carrette

