« J'ai cru que j'allais crever » : aux Chantiers de l'Atlantique, les travailleurs exposés à des toxiques

« Ce que vous voyez sur le côté gauche, c’est le premier de la génération des méga yachts créés ici. Il fait 240 m de longueur pour 29 m de largeur. C’est le très grand luxe ! », commente la guide touristique. Pour les Chantiers de l’Atlantique, cette visite ouverte aux journalistes est l’occasion d’exhiber les joyaux de son imposante vitrine : l’Utopia of the seas, paquebot grand public de près de 7000 passagers ; le Silenseas et ses voiles en fibre de carbone censées symboliser le nouveau cap écologique de l’entreprise ; et le Jacques-Stosskopf, navire militaire ravitailleur destiné à la Marine nationale.

Les « Chantiers », c’est le royaume des géants : un territoire de plus de 100 ha, où naissent des bateaux toujours plus grands, construits dans des cales à sec et dans d’immenses hangars. L’entreprise emploie plus de 3700 salariés « maison » et fait travailler entre 5000 et 7000 salariés sous-traitants employés par « plus de 600 sociétés », d’après la CGT. Dont beaucoup d’ouvriers régulièrement exposés aux fumées de soudage et autres substances chimiques. Leur réalité est bien éloignée de celle des passagers des paquebots qu’ils bâtissent.

Panneau "Grand Port Maritime"

L’entrée Du Grand Port Maritime De Nantes Saint Nazaire, À Montoir De Bretagne. Photo Antony Torzec.

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« Un jour, après le travail, je ne me sentais pas bien du tout : j’avais du mal à respirer, j’étais en sueur, j’avais des diarrhées. J’ai cru que j’allais crever. » Loïc* est jeune intérimaire et père de famille. Selon lui, pendant plusieurs mois, l’entreprise sous-traitante pour laquelle il travaillait jusqu’en 2022 lui aurait fait pratiquer de la soudure « inox » (acier inoxydable) sans équipement de protection individuel adapté, sans autorisation, sans licence, sans formation et sans suivi médical adapté. Quatre jours après son malaise, Loïc réalise un test…

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Auteur: Samy Archimède (Splann !)