Cet article est publié en partenariat avec Vertige Media.
Fontainebleau (Seine-et-Marne), reportage
Il souffle un grand coup, puis fait un premier pas. Comme pour mieux supporter la scène, il serre son appareil photo en bandoulière. Le jeune grimpeur marche au-dessus des fissures et des racines carbonisées. Sous ses pieds, le sol est encore chaud. Sous ses yeux, le spectacle de désolation est encore là. Des troncs noirs, des rochers calcinés et des branches sans feuille s’étendent à perte de vue. Pour autant, ce qui frappe Simon Senet, c’est le silence. Autour de lui, ce qu’il reste des arbres tient encore debout mais il n’y a pas un bruit. Pas d’oiseaux, pas de reflet du soleil, pas même la sensation du vent. Comme si tout s’était arrêté.
L’incendie qui a ravagé la forêt de Fontainebleau est l’un des plus importants de l’histoire moderne du massif. Près de 2 200 hectares, soit 12 % de la surface de la plus grande forêt domaniale d’Île-de-France, ont été parcourus par les feux. Encore sous le choc, les usagers de cette forêt et les grimpeurs s’interrogent pour l’avenir.
Feux de tout Bleau
Entre deux blocs de rocher, Simon écoute attentivement la responsable de l’Office national des forêts (ONF) qui l’accompagne. Sophie David explique que si les troncs sont brûlés sur plus de 2 mètres, on peut considérer que l’arbre est mort. Il va falloir analyser chaque être, mais un tour sur elle-même suffit à dire à la forestière qu’ici, aux Trois Pignons, les deux tiers tomberont. Ce secteur, situé au sud-ouest de la forêt de Fontainebleau, est de ceux qui ont été ravagés par cet incendie sans précédent.
En posant le revers de la main sur une couche de tourbe encore chaude, Sophie David explique que le feu a été fixé, mais pas encore éteint. À quelques mètres de là se trouve le circuit très réputé des 25 bosses, mais aussi un ensemble de blocs mythiques de l’histoire de…
Auteur: Louis Lepron, Matthieu Amaré

