« J’ai frôlé la mort et perdu la vision de l’œil gauche »

Le 17 octobre, on s’était dit que ça allait être une sortie normale, simple, comme tous les jours. Ça faisait longtemps que je n’avais pas vu mes meilleures amies. On s’est rejointes à un arrêt du tram et on a pris les vélos. On a fait un tour, acheté des crayons à lèvres. La ville était calme. On est allées manger. En sortant, on est tombées sur la manifestation. On s’est approchées. Il y avait des CRS, des manifestants. Moi, j’étais dans une zone pacifique, les gens mettaient de la musique, ils avaient leurs pancartes, etc.

Pendant les soins, la police nous a tiré deux fois du gaz dessus.

Et, d’un coup, la police a lancé du gaz lacrymogène. Dès qu’on a vu ça, on est parties, dans l’idée de rentrer avec les vélos. Dans la foule, il y avait des jeunes, des personnes âgées, d’autres en fauteuil roulant, des mères de famille avec des poussettes. Ça ressemblait à la Fête de la musique. Je ne sentais pas le danger. Je ne me rendais même pas compte que j’étais bloquée. La police nous entourait. D’un coup, je reçois une grenade à l’œil. Mes amies ont vu toute la scène. Dès que j’ai reçu le projectile, je me suis tournée vers elles avec la main sur mon œil gauche.

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Je ne me rendais pas compte de ce qui se passait. J’ai commencé à stresser. J’ai vu du sang sur ma main. J’ai lutté pour ne pas perdre connaissance. Il y avait du gaz partout, on m’a assise dans un coin entre deux magasins. Les médics sont venus. Pendant les soins, la police nous a tiré deux fois du gaz dessus. Autour de moi, les gens criaient que j’étais blessée. Ils ont tout fait pour me protéger. À 17 h 40, j’étais dans le camion de pompiers pour me diriger vers une ambulance. Les pompiers ont été applaudis.

Il n’y aura pas de justice pour moi.

Avant le…

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