Par petites touches successives et convergentes qui font les grands océans glauques, réactionnaires et liberticides, pas de jour qui ne voie des restrictions de libertés, à vous ficher une fois de plus la honte d’être française. La honte, parce que ceux et celles que nous sommes censé·es avoir démocratiquement élu·es bafouent en notre nom les idéaux de la Révolution française de 1789. En apprenant début septembre que, « sur instruction du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, il a été décidé de suspendre, jusqu’à nouvel ordre, toute coopération avec les pays suivants : Mali, Niger, Burkina Faso » et que, « par conséquent, tous les projets de coopération qui sont menés par vos établissements ou vos services avec des institutions ou des ressortissants de ces trois pays doivent être suspendus, sans délai, et sans aucune exception », j’ai cru à un canular.
En 2016, c’est à Bamako que nous avons inauguré la première session de l’école doctorale en sciences sociales itinérante, comprenant des étudiants des pays de l’Afrique subsaharienne et du Maghreb, soutenue par des instituts français, tel l’IRMC de Tunis, dépendants du ministère des Affaires qualifiées désormais d’« étranges ». Étrange, absurde, dessein criminel contre le savoir et la culture. La logique d’accueil et de soutien aux étudiants, aux universitaires et aux artistes dont peut s’honorer le monde universitaire et culturel vient d’être brisée. En prenant en otages trois pays – ce qui ressemble à une action de rétorsion à l’égard de leur rejet de la France –, la politique étrangère rompt avec les coups de pouce et les coups de main qu’elle avait donnés durant l’histoire récente, parfois sous le boisseau.
La longue histoire d’une tradition de coconstruction des savoirs et du métissage des cultures ne souffre d’aucune exception.
Que l’on…
La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Rose-Marie Lagrave

