L’ouvrage est présenté à la fois comme le récit d’une expérience hors-norme et comme une analyse anthropologique. Cette prétention donne d’abord envie de rire. Yovan Delourme, gardien d’une boîte de nuit qu’il désigne comme son « château-fort », se définit comme un « Jarl », un chef de guerre, mais aussi comme un « anthropologue autodidacte ». Ce grand intellectuel n’a pourtant pas écrit son propre livre. Franck Mirmont et Jean-Luc Riva, un ancien militaire, en sont les véritables rédacteurs. Avant d’étudier le propos de l’ouvrage, qui constitue à la fois l’autobiographie d’un agresseur et une théorie du fascisme, on est d’abord frappé, sans mauvais jeu de mot, par la lourdeur du style. Puisqu’ils aspirent à la littérature, les rédacteurs n’écrivent pas que la nuit tombe mais que « les ténèbres s’abattent ». Les clients ne boivent pas dans des gobelets mais dans des « calices », dont sortent des « exhalaisons » et des « effluves ».
Le goût pour les expressions stéréotypées est particulièrement affirmé. Les personnes qui partagent une intimité « ne se quittent pas d’une semelle ». Un stage est « enrichissant à plus d’un titre ». Puisque le chef de guerre est aussi un homme au cœur tendre, une scène dramatique se déroule « sous la pluie battante ». Dans un moment de quiétude, « le soleil est à son zénith ». L’espoir est un « léger rayon de soleil qui vient percer une épaisse couche de nuages noirs ».
Michelet est invoqué pour faire référence à l’histoire de France, à propos de laquelle Yovan Delourme n’a pourtant rien à dire. Peu avare de clichés, il mentionne Zola quand il évoque les ravages de l’alcool. L’objectif est d’étaler son peu de culture, de justifier de son intégration sociale, de se distinguer des marginaux qu’il agresse depuis des décennies, comme il le raconte dans son live. De la même façon, sur le site…
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