« J'ai peur de venir… donc je viens » : des dizaines de milliers de personnes à Marseille contre la « dérive autoritaire » de Macron

Marseille (Bouche-du-Rhône), reportage

« Aux armes ! Aux armes ! Nous sommes les Marseillais et nous allons gagner ! » Samedi 24 octobre, vers 14 heures, la manifestation commence avec un chant de supporters de l’Olympique de Marseille. « Marseille est une ville unique ! Marseille est une ville de résistants ! On ne va pas se laisser faire ! », harangue un trentenaire au mégaphone, perché haut sur un poteau en face de l’église des Réformés, en haut de La Canebière. Certains dans la foule le reconnaissent.

Éric Akopian est vêtu d’un gilet bleu sérigraphié Clean my Calanques, du nom de l’association écologiste qu’il a fondée. Après avoir poussé les manifestants à scander « Sciamo tutti antifascisti » (nous sommes tous antifascistes, en italien), il fait observer une minute de silence aux victimes de l’attentat de Trappes (Yvelines) survenu la veille. Un tireur a fait un mort et cinq blessés. Il a affirmé aux policiers qui l’ont arrêté vouloir s’en prendre « aux noirs et aux arabes ». « On a eu la preuve que l’extrême droite tue. Qui est responsable ? », feint d’interroger Éric Akopian. « Les fachos », pousse la foule d’une seule voix. Le ton de la manifestation est donné.

« Nous sommes des militants en devenir »

Les participants rencontrés par Reporterre expliquent réagir à la bascule vers l’autoritarisme et le fascisme. À la suite du 17 octobre, Emmanuel Macron avait annoncé des interdictions de manifester systématiques : comme dans d’autres villes en France, les rues commerçantes de Marseille avaient été pillées, avec 300 magasins touchés. Le préfet Jacques Witkowski avait avancé le chiffre (non confirmé) de 30 000 pilleurs.

La restriction des libertés fondamentales engagée par Emmanuel Macron est vécue dans le cortège comme inacceptable. « Beaucoup trop de nos droits sont restreints. On va vers la dictature », explique Alice, 26 ans,…

La suite est à lire sur: reporterre.net
Auteur: Pierre Isnard-Dupuy